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Titre du blog : Le pivot d'Héricy
Auteur : laugo2
Date de création : 12-04-2009
 
posté le 14-04-2009 à 06:58:18

"Seul dans le noir" de Paul Auster

                                             

 

 

 

 

Déçu. J’espérais tant après un début de récit prometteur : toujours l’incontournable belle plume littéraire de Paul Auster, (des phrases agréables à l’âme poétique, son réalisme réflexif sur la vie) et une idée bien séduisante, celle de mixer, d’alterner le récit de la vie du personnage principal et celui de ses délires nocturnes, quand il s’invente des histoires…Et puis, le thème de l’insomnie, ça me connait. Tout pour plaire quand on a déjà lu des romans de Paul Auster.

August Brill a 72 ans et est hébergé dans le Vermont chez sa fille Miriam avec sa petite fille Katya. Tous trois souffrent des traumatismes de la vie…Lui, ancien critique littéraire, est coincé par son handicap dans son fauteuil roulant, il passe son temps à regarder des DVD  le jour avec sa petite fille et la nuit à s’inventer des histoires. Et jusqu’à la page 122, il est bien question de la nuit…quand Auster met en scène Owen Brick , personnage sorti de l’imagination d’August Brill, balancé dans une Amérique en plein conflit de guerre civile. Là, Owen Brick se retrouve perdu, incapable de savoir ce qu’il fait dans ce nouveau monde, de savoir le pourquoi du comment de cette nouvelle Amérique (qui, par exemple, ne se souvient pas du 11 septembre). L’astuce est simple et brillante…pour sortir de la situation embarrassante dans laquelle il est plongé, Owen Brick doit tuer August Brill…imbrication de ces deux mondes, imbrication de ces deux récits...j’aurais souhaité que la nuit se prolonge et leurs récits avec… Mais le jour se lève et Katya vient rejoindre son grand-père qui récite sa vie…Alors après on s’y perd, que devient ce roman ? Entre les anecdotes artificiellement raccrochées au fil du récit et les digressions ennuyeuses sur la symbolique de l’objet dans le cinéma, Auster sacrifie son inventivité  (et celle de son personnage) en narrant laborieusement la longue vie d’August Brill, de sa mère, de sa femme, de sa fille etc…et même si le thème de la guerre, les toutes dernières pages soulèvent bien les entrailles, je suis resté sur ma faim…Déçu, voilà.

Pourtant, « ce monde étrange continue de tourner ».

 

Commentaires

Albertine le 15-04-2009 à 14:22:43
Salut, je voulais le lire mais vu ta critique ça ne semble pas à la hauteur de sa production habituelle...à voir !